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ÉVÉNEMENTS 2014

 

DISCOURS VICTOR PROVÔT

 

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ÉVÈNEMENTS 2014

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DISCOURS LANCEMENT 900ÈME ANNIVERSAIRE

DE L'ABBAYE DE THIRON-GARDAIS

 

Monseigneur, Madame,
Madame le Sous-Préfet,
Monsieur le Président du Conseil Général et cher Albéric,
Madame le Député,
Monsieur le Maire et cher Victor,
Mesdames et messieurs les élus,
Chers Amis

 

Merci Monsieur le Maire et cher Victor de me donner la parole alors que je n'ai d'autre légitimité pour m'exprimer que les liens chaque jour plus forts qui m'unissent à Thiron-Gardais, à son histoire et à son abbaye fondée par Bernard d'Abbeville en 1114, il y a 900 ans.

 

Il est vrai qu'en m'installant ici à Thiron-Gardais, dans ces lieux vénérables où l'Histoire s'est écrite au fil des siècles, je ne pouvais que me sentir porté par la force des pierres et l'âme de celles et ceux qui les ont habitées autant qu'investi de la mission de tout citoyen engagé envers la collectivité, surtout à la veille d'un tel anniversaire, celui qui célèbre neuf siècles d'histoire autour de cette abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron.

On ne peut à longueur d'année défendre l'Histoire à la télévision ou chanter les beautés des villages de France sans joindre le geste à la parole et offrir son concours fût-il modeste à la célébration d'un tel anniversaire. C'est la raison pour laquelle, en accord avec le maire et l'Ordre de Tiron, j'ai sollicité différentes personnalités pour rejoindre la cohorte d'élus et constituer un comité d'honneur où se rassemblent celles et ceux qui aiment le Perche comme Chantal Thomas et Laurent Voulzy, Eve Ruggiéri que les Journées Lyriques d'Eure et Loir conduisent chaque année à Thiron-Gardais, mais aussi l'acteur Lorant Deutsch passionné d'histoire de l'Hexagone et l'historien Franck Ferrand dont les récits sont passionnants. Pour présider ce Comité d'Honneur des célébrations placées sous le haut patronage du Ministère de la Culture et de la Communication, il fallait une personnalité emblématique de notre Histoire, un nom qui parle à chacun d'entre nous et qui puise ses racines aux sources mêmes de la France. Un prince capétien, descendant direct du roi Louis VI le Gros qui octroya à l'abbaye de Thiron ses privilèges royaux, mais aussi un homme de cœur à l'écoute de tous et qui aime se mettre au service de la collectivité. De tout cœur, je remercie le prince Jean de France, duc de Vendôme, et son épouse la princesse Philomena d'avoir accepté de présider ce comité d'honneur car, à travers vous, l'Histoire se conjugue au présent, d'autant qu'habitants de Dreux, à quelques pas de la chapelle royale Saint-Louis, vous êtes vous-mêmes euréliens.

 

Mais qui mieux que vous, en cette année d'un double anniversaire historique - celui de l'abbaye de Tiron vieille de 9 siècles et les 800 ans de la naissance de Louis IX, futur Saint-Louis - pouvaient porter au présent la continuité d'une Histoire qu'il convient de célébrer. Après tout, comme dauphin de France, héritier des rois Louis VI et Louis VII, auxquels l'abbaye est attachée, vous êtes aussi le descendant direct de la princesse Palatine, l'épouse de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, qui offrit les stalles en bois et les boiseries de l'avant-chœur anse l'abbatiale par amitié pour son aumônier, l'abbé Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre. Entre temps, un fils naturel d'Henri IV, Henri II de Bourbon avait fait appel aux Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur pour installer un collège dans l'abbaye, appliquant ainsi l'ordonnance du roi Charles IX de 1560. Ce collège, devenu collège royal et militaire dont je suis le dépositaire, est doublement lié à votre famille, Monseigneur, puisque le grand-père du dernier propriétaire, André Guillaumin, Jean-Baptiste Guillaume Busson était le secrétaire particulier de votre aïeule la reine Marie-Amélie à laquelle il fut fidèle même dans les heures douloureuses de l'exil.

 

C'est dire, Monseigneur, Madame, si par-delà les liens d'estime et d'amitié, votre présence qui nous honore tous était justifiée à la tête de ce comité d'honneur des célébrations du 9ème centenaire de l'Abbaye. J'ajouterais à cela un enseignement, qui me vient de votre illustre grand-père le comte de Paris, une personnalité qui vous a marqué et qui fut déterminante pour moi aussi. Il aimait à rappeler qu'un peuple qui ne sait pas d'où il vient ne sait pas où il va. A l'heure où notre pays traverse une grave crise, certes économique, sociale, mais aussi crise de confiance, crise d'identité, à l'orée des chemins, il est bon de se plonger dans nos racines historiques pour retrouver foi en l'avenir, parce que l'Histoire est aussi un repère, un ancrage et une boussole lorsque l'on essuie des tempêtes et que l'on risque de perdre le cap.

 

En célébrant tous ensemble dès ce soir ce 900ème anniversaire de l'abbaye de Thiron-Gardais, nous construisons un avenir sur des fondations solides, nous ne célébrons pas un passé mort ou vide de sens, mais nous donnons des repères à la jeunesse de ce pays et nous ouvrons des perspectives qui donnent de l'espoir. Et vous me pardonnerez, Monseigneur, de citer encore le comte de Paris lorsqu'il affirmait avec force et conviction, et ce sera ma conclusion, que « lorsque les langues se taisent, faute de connaissances, les pierres parlent encore ».

 

Merci de votre attention

Stéphane BERN